TAMARDOULT 2

Publié le par Kostani

L’Ahidous est maintenant bien debout, les princes de la poésie, feu Sakkou, feu Lbaz et 3mar Oumahfoud, se sont bien installés comme adversaires, quelques poètes en herbe, comme Ouderrag les assistaient. Les nouveaux fonctionnaires en superbes habits se bousculaient pour faire place prés des illustres. Je m’en souviens encore de jean délavé que, j’enviais tant, de Moha Oustouh ! Et j’entends aujourd’hui encore « il aura vite snate d’ougoudiy ». Les belles filles sortaient des quatre portes de la place, elles ne marchaient point, elles dansaient déjà dans leur ruée vers les deux rangées d’hommes qui les attendent. De temps en temps l’un des grands chuchote un vers de chant_ poème à son voisin arreddad qui l’annonce à voix haute, les youyous des femmes et leurs échos remplissait l’air, et la rangée adversaire répéta l’air plusieurs fois jusqu’à ce que l’un des grands improvisa un autre vers. Et ainsi les corps se balançaient en vagues de la poitrine aux genoux jusqu’au signe de la récréation annoncé par le gardien de l’ordre des rythmes avec son tambourin. Les danseurs se dispersèrent, souvent pour continuer takrfiyt déjà entamée en pleins chants, ou tout simplement pour fumer une olympique rouge aux cotés de ceux qui ne dansaient pas, ou on s’appuyant sur une Renault, 8, 6, ou 16. Derrière les rangés de danseurs s’entama une discussion très savante entre des lycéens qui se contentent d’admirer la danse. Si vous pouvez me dire qu’elle est la source de toute énergie sur terre ? Nous demanda un ami, sans attendre la réponse, il répliqua lui-même que c’est le soleil bien sûr, et est ce que vous savez aussi que toutes les maladies sont d’ordre chimique ? Même si je me casse le genou ? Dans ce cas Je crois, que le mal est d’ordre mécanique, cela fût ma réplique, et tout le monde se met à rire jusqu’à ce que un autre ami entama une explication précise et vulgarisante du procédé de la bombe atomique, ce n’est disait il que le fait de savoir transformer la matière en énergie en cassant le cœur des atomes des matériaux lourds comme l’uranium et le radium… avec les mêmes outils que ceux d’Ou3anzoul ou avec les cailloux avec lesquels on casse les noix ? répliqua un autre dans un brouhaha de rires. C’est l’heure de dîner, la foule, toute la foule entra dans la grande demeure qui contient en plus de l’immense salon, une superbe véranda presque andalouse au toit de roseaux à milles losanges. Après le copieux dîner au salon, c’est ti3jibins que feu Lbaz guidait et animait en main de maître à la véranda. Une simple et petite dispute entre un Oumrghad et un Aqbli a risqué d’empoisonner la joie, mais plus de peur que du mal, ce n’est qu’une mascarade pour attirer les attentions de jeunes filles… Les gens s’endorment l’un après l’autre, le ciel commence à changer de couleur, je me faufile entre les corps pêle-mêle pour chercher un ahanou nouchkouf. A la sortie de la grande demeure j’aperçois un ange en chemise de nuit qui contemple le lever du soleil, je lui chante un air de mohamed abdelwahab ! pour rendre ses yeux à terre, mais hélas, les anges ne communiquent qu’avec leurs semblables… Une main me tient au coude, Awa Yallah, c’est 3ssou Douri qui sauve mes apparences en m’invitant à cuiller les dattes de son amenzou de Tadawt Nzemba. PS : ce fût l’année pendant laquelle Tadighoust a récolté les trois prix scolaires de la province, Moha Oustouh, en sc. maths, Addi Khana en sc. ex et 3abdou rabih en lettres modernes.

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Publié dans tadighoust

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