Imi Nighrem
L’ENTREE DU KSAR ( IMI N’IGHRAM)
Serait-ce une partie de l’infrastructure de la muraille qui assure en partie la sécurité de la KASBA ( ighram) ou encore mieux un lieu doté d’une personne morale à l’instar de la mosquée et de ses annexes et pour plus d’une raison qu’une simple accès aux artères plongées dans la pénombre et très étroites en certains lieux de tous ces ksour d’une infrastructure presque identique dans les deux vallées qui font le Tafilalet et le Ghéris ?
La porte ou l’entrée dans le jargon des oasiens est presque une institution qui est régie par un code traditionnel hérité d’antan et dont la rigueur dans le refus de tout laxisme dans le respect des us et coutumes est plus ou moins préconisée par la tradition selon chaque kasar et ses habitants.
Le cas de la porte ou de l’entrée du Ksar ELBORJ AKDIM objet de notre essai mérite d’être étayé pour la mémoire collective qui a tendance à perdre de sa consistance dans ces ruelles ouvertes au ciel et à tous les vents venant des flans par des brèches et des effondrements tristes et affligeants du mur d’enceinte qui fut autrefois la fierté de ses habitants vivant avec aisance dans les ruelles à nu du nouvel ksar dit EL BORJ OUJDID ( le nouveau) à la lisière de la palmeraie tandis que celui bien encré dans les champs et entre es différents bergers est en perdition comme sa porte qui ne se referme plus depuis des dizaines d’années car elle n’existe plus. Mais comment était elle donc et qu’est ce qui fait que la nostalgie me tenaille à la gorge au rappel de cette porte. Serait ce sa structure ou encore mieux son rôle éducatif de toutes les générations de jadis ?
a. Paragraphe premier
La structure de la Porte d’ Elborj Akdim
Comme la plupart des ksour notamment celui d’Igoulmimne (Goulmima ksar) l’entrée principale est formée de deux portes successives espacées de quelques mètres mais non dans le même couloir pour masquer l’intérieur à celui devant qui l’on ne doit ouvrir que la première porte et par mesure de sécurité pour le cas où la première arrive à être détruite par un obus ou un projectile qui buterait sur le mur d’en face et non sur la porte en bois mais la raison dominante est surtout la discrétion qui conduit impérativement à la sécurité des lieux.
La première porte est surplombée de part et d’autre par un mirador de surveillance bien avant que l’on voit ceux des bases américaines de même rôle. En bas d’un mirador c’est la chambre des deux portiers et en bas du second c’est celle des sentinelles désignées parmi les jeunes du ksar à tour de rôle ou par affinité ethnique ( il y a beaucoup d’anecdotes sur cette garde).
L’espace entre les deux portes comprend sur un prolongement à droite les annexes de l’entrée. Nous retenons pour l’histoire les appellations de jadis et le rôle de chaque composante de l’annexe. Et c’est ainsi et sans considération de l’ordre d’importance ou de configuration :
TANSRYET
Espace de repos où l’on se prélasse, noyé dans la pénombre et enfin ayant cette qualité de garder la fraîcheur surtout en été et à son milieu un brasier en hivers ( tachat)° Ce feu d’hivers réservé aux adultes mais rarement que les adolescents y sont admis car l’on prend des fois la liberté de raconter une anecdote nuancée sur l’intimité des hommes quoique ces discussions sont un peu bannies de la société oasienne qui y voit des futilités et de la légèreté des mœurs qui sont gravement condamnés par la société.
La tradition veut que chaque bénéficiaire du feu se doive d’y contribuer par l’apport d’une poignée de bois sec ramassé à la palmeraie ou apporté de chez soi. Le rôle principal joué par ce coin de feu collectif est celui d’une agence de presse locale où tous les événements sont rapportés de bouche à oreille comme on les commente et on les recoupe pour l’authenticité des faits. C’est aussi le tribunal sans plaidoyer où sont jugés les actes des habitants et c’est le coin le plus redouté des jeunes car c’est à partir delà qu’ils sont jugés ,évalués et soupesés pour une éventuelle demande en mariage d’une fille. Chaque père de famille a ses idées toutes faites sur chaque jeune homme et encore sur les filles aussi dont on ne parle que très rarement et encore quand il s’agit d’étrangère. Mais forces est de reconnaître que les adultes de Ksar El Borj Akdim avaient un certain droit d’agir à leur guise notamment pour manger les dates de n’importe quel palmier. Ce privilège leur est reconnu car ils étaient toujours les premiers à contrecarrer toute tentative d’invasion par d’autres tribus.
TAGHOUNI
C’est le lieu qui fait office de l’écurie de service :En effet,à tour de rôle, les cavaliers d’intervention sont désignés à tour de rôle pour intervenir en cas de tentative d’invasion ou de tentative de vol du cheptel dans les bergeries en dehors de la palmeraie. Pour se faire, chaque cavalier y amène son cheval, sa selle, son harnachement et de l’orge pour le cheval. Pendant toute la journée même s’il est aux champs il doit garder sur lui sa ceinture de cartouches et son arme à feu. Le rôle des cavaliers du ksar est sur le son de l’alerte donné par l’un des gardiens à l’observateur de Lalla Oulya ou de Lalla Arbia d’intervenir immédiatement pour retarder la progression ennemie afin de faire rentrer les femmes, les enfants et le cheptel et que tous ceux qui sont en mesure de se battre s’organisent pour monter en puissance contre cet envahisseur. ( voir sur les lieux auprès des personnes âgées :la mort des martyrs comme BA DRISS, HARMOU, AALOULAM et la blessure de SIDI HAMMAD entre tant d’autres oubliés).
On y trouve donc la pierre creuse pour la fabrication du baroud (poudre noire à partir du plomb naturel extrait des minerais de timkkit du côté de Taltefraout ou sur les hauteurs de tizi non loin des Aït Brahim. On leur associe des produits locaux qui échappent à ma connaissance faute d’informations sur les lieux au temps opportun. Le coin du silex est aménagé sur le mur en pisé mais chaque cavalier a dans ses vêtements un morceau de silex ramassé sur l’oued Ghriss où on le trouve très facilement.
Non loin des chevaux et encore plus prêt du passage des habitants se trouve le point d’attache du taureau de la tribu. Il sert par le choix de sa race à la saillie de toutes les vaches du ksar et il est pris en charge alimentaire par l’ensemble des foyers qui dépose chacun et quotidiennement une petite gerbe de luzerne dans un lieu spécialement conçu à cet effet. Le breuvage et la gestion des rations alimentaires sont à charge des portiers.
Souvent, et après une année de labeur, le pauvre taureau engraissé est offert en sacrifice au saint des lieux et sa viande est partagée à parts égales pour tous les foyers même pour une veuve qui ne pourra pas honorer sa côte part pour l’achat d’un plus jeune en remplacement du vieux sacrifié lequel jeune taureau n’est autre que sa progéniture pour la sauvegarde de la race.
LAALAOUI OU LES ARTERES
La portion du couloir qui se trouve entre les deux portes est le lieux le plus redouté par les adolescents et parfois même par les adultes. En effet, assis de part et d’autre de ce passage obligatoire pour accéder ou pour sortir du Ksar, donc assis sur des bancs en pisée recouverts de vieux morceaux récupérés des nattes tressées en feuilles de palmier ayant servi à la mosquée,Les anciens passent en revue chaque passant. Et comme rien ne se cache dans une oasis, malheur à celui qui aurait commis un écart de conduite car il ne pourra donc pas passer par ce lieu sans être remarqué ou sans faire l’objet de remontrances directes. Car il est établi qu’en matière d’éducation des jeunes, la responsabilité n’est pas celle des parents à eux seuls mais de toute la collectivité qui en répond des fois vis-à-vis d’autres collectivités. Ici, le droit d’aînesse est respecté même sans aucun lien de sang. On remarque donc que le couloir ou les artères ne sont pas uniquement les moyens de dessertes des habitations mais surtout un lieu où la personne est jugé à tout moment et ce à quoi il faut penser mille fois avant d’agit maladroitement ou d’oser dire un mot déplacé à une femme ou à ne jeune fille ; Et quand l’école est arrivée avec ses résultats, c’est aussi le coin le plus redouté par ceux qui ne sont pas admis ou qui ont de mauvaises notes. C’est aussi un coin qui fait peur à toute personne qui ayant immigré n’envoie pas de l’argent à ses parents ou à sa famille. Il va de soit que c’est le contact direct qui fait plus peur car les gens ont des fois l’audace de vous critiquer sur un sujet qui ne les regardent point comme les relations familiales. Mais ce qu’on dit haut est aussi dit de bouche à oreille et c’est presque le seul savoir ou la seule presse journalière des oisiens si le crieur public ne vient des fois annoncer une nouvelle très recommandée par l’un des Imagharen comme l’entretien des rigoles ou l’ouverture de la saison des récoltes. S’il nous est donné de porter un jugement sur le rôle joué par cette portion de couloir, on dirait bien que c’est une institution à la fois éducationnelle et à la fois, qui forge la personne sur des fondements constructifs comme la course à de bonnes notes à l’école et le courage dans la défense de l’oasis contre les assaillants autrefois.
REGIME DES ENTREES ET SORTIES DU KSAR
A-LES ENTREES
Les réglementations des entrées et sorties diffèrent d’un ksar à un autre mais elles ont quelque chose de commun c’est la rigueur dans leur application .Ainsi, à ksar el Borj Akdim, aucun étranger ne peut rentrer au Ksar que s’il est accompagné par un habitant qui en informe le portier de faction. Ou encore accepte de le recevoir et se porte garant de tous ses actes. Les commerçants ambulants en particulier les juifs sont acquis de confiance et ils sont autorisés d’office à accéder au sein du ksar et y mener leur activité qui consiste en général en des trocs et à l’achat des œufs et de la volaille ou des lapins quoique le lapin n’est pas casher pour les juifs, en tout cas il y a point de crédit à concéder par un marchand juif ambulant (voir les traditions culinaires des oasiens détaillée par notre ami Si KOSTANI).Les troubadours, les chanteurs et tous ceux qui font du spectacle ambulatoire sont des fois reçus à Tansryet où ils restent jusqu’à ce qu’un habitant de son propre gré vaille les admettre et les prendre en charge. Une personne de passage et inconnue de tous peut par des temps durs ou de la nuit tombante accéder la première porte et prendre ses quartiers à Tansryet et cette personne est prise en charge alimentaire par générosité de l’un ou de l’autre des habitants sinon, elle y passe la nuit sans nourriture ( ce qui n’est pas le cas des autres Ksour où à tour de rôle une maison prend en charge les infortunés de passage) donc ,sans nourriture et elle doit quitter les lieux au beau matin avant la sortie des femmes ( vers 5 ou 6 h selon la saison).
B- LES SORTIES
Ce n’est point une atteinte à la liberté des oasiens (inaliénable par principe conceptuel) mais c’est juste pour assurer l’ordre et préserver les biens d’autrui. Et c’est ainsi qu’on parle au pluriel des sorties et non au singulier. Delà découlent certaines appellations comme :
1. La sortie pour divers travaux
Pendant la nuit et par mesure de sécurité, personne n’a le droit de sortir du ksar. L’activité nocturne principale étant l’irrigation des champs, celle-ci était assurée par trois ou quatre hommes (selon le débit d’eau) à tour de rôle. Ces personnes sont connues donc à l’avance et sont sous la tutelle directe d’AMGHAR N’WAMAN (Le responsable des eaux) et sous le contrôle indirecte d’AMGHAR N’TMAZIRT (responsable de la palmeraie). A signaler que dans le Ksar se trouve en général le guérisseur et l’accoucheuse et donc aucune urgence médicale n’est envisageable à l’extérieur avant le matin. Donc aucune sortie n’est autorisée depuis la fermeture des deux portes jusqu’à l’aube où seules les personnes ayant à travailler dans les champs ou à voyager ou à couper la luzerne ou à amener le cheptel à la campagne ou dûment autorisées la veille à faire un travail particulier tel que l’abattage d’un arbre ont droit de quitter le ksar mais les autres sont régis par le droit coutumier notamment en ce qui concerne les récoltes et le ramassage des fruits tombés des arbres.
2. La sortie pour les récoltes et le ramassage des fruits
Les dates vertes ou mures tombées naturellement d’un palmier sont en principe la propriété de tous les citoyens de la palmeraie tous ksour confondus (ce qui n’est pas le cas pour les olives par exemple) mais elles ne sont ramassées qu’en respectant un rituel. Il s’agit de réunir tous les prétendants (jeunes filles et jeunes garçons) en un même lieu déterminé par Amghar n’tmazirt et attendre le coup d’envoi qui est fait au moyen d’un tambour (pour Tadighoust). Il a lieu après l’aube et c’est donc la course équitable où souvent le non propriétaire d’un bien peut bien ramasser de quoi se nourrir et nourrir son petit bétail (la brebis) sans avoir à le quémander. Donc rien de ce que produisent les champs et les arbres n’est perdu (voir ce principe de ramassage dans la bible juive). La loi coutumière édicte les interdits comme la récolte non autorisée de ses propres fruits, de casser un arbre même mort ou de casser ou ramasser les branches d’arbres cassées par le vent ; couper l’herbe dans certaines limites des champs, ramasser en dehors du temps imparti qui commence comme dit ci-dessus par le coup du tambour à l’aube et se termine quand le soleil atteint sur le ciel la hauteur de 3 tailles d’un homme (vers 8h30mn au plus tard).
3. La sortie collective
La sortie collective peut toucher selon les cas les femmes ou les hommes ou tous les deux à la fois. Dans tous les cas de figure, elle n’est jamais spontanée quelque soit la raison car elle est édictée par l’un des imgharn ou le Caïd. En effet, le ksar peut bien recevoir comme cité ci-dessus les troubadours et donc assisté à un spectacle comme se fait le cas aussi pour la célébration d’un mariage qui se passe en général à la place publique devant la rentrée principale du Ksar de même que pour la projection de films de sensibilisation sur l’hygiène organisée par la Santé publique ou pour les vaccinations et les rappels de vaccinations. Dans tous les cas,les hommes sont groupés seuls et les femmes et les enfants de l’autre côté quitte à voir à leur grand étonnement que les gens sur l’écran se saluent et mangent avec la main gauche.
La sortie pour faire remonter l’eau de la crue (Had essayem) est réservée aux hommes et peut avoir lieu même pendant la nuit sur appel du crieur public dûment accrédité par l’ordre du Caïd en général ( Ici nous rendons hommage au feu haj HRO HAJJAR qui a tout fait pour que l’eau soit immédiatement guidée vers la palmeraie par des digues de fortune auxquels ouvrage il prend part avec autant de ténacité de Caid et de modestie de l’homme qu’il était.
La sortie des femmes pour le ramassage du bois sur les montagnes environnantes se fait dès l’aube et elles ne sont accompagnées de personne car dans les traditions des guerres tribales, les femmes et les enfants ne font l’objet d’aucune attaque quelque soit l’animosité ou l’état de belligérance entre les deux tribus. (L’histoire ne rapporte jamais une attaque de femme d’une tribu par les hommes d’une autre tribu,
C- QUELQUES CAS GENRAUX
IL est bien évident que sauter par-dessus la muraille qui constitue une ceinture autour du ksar est une infraction grave de même que jeter une pierre de l’intérieur vers l’extérieur et vis versa. Les brèches causées par les eaux, la chute d’un grand arbre ou par l’usure ne peuvent servir d’issue même provisoires. Elles sont aussitôt colmatées par un travail collectif et les mitoyens de la muraille n’ont pas droit à y aménager une lucarne même minime soit elle. Dans le cas de la muraille d’El borj Akdim, elle fût construite sur le conseille de l’un des ancêtres Thami pour lutter contre les attaques de son cousin maternel et future gendre Ali OU ABDESSAMAD. C’est ainsi qu’au lieu d’un mur d’une grande épaisseur, deux murs sont construits parallèlement et le vide entre les deux murs fut rempli de sable. Ainsi, toute tentative de perforation en pratique à l’époque est vouée à l’échec par un écoulement de sable en abondance dès qu’un petit trou fût aménagé. C’est ainsi qu’on ne parle jamais d’une invasion de ce ksar qui est redouté par tous les autres par le courage et l’intelligence de ses hommes en matière de combat. (Il faut reconnaître que ses hommes sont aussi connus pour leur enclin à voler les biens des autres tribus surtout à Tafilalet pendant les périodes de famine due à la sécheresse périodique que connaît l’oasis. Pour cette activité, le couloir éducatif ci-dessus rapporte non pas la honte d’avoir volé en d’autres contrés mais elle les transforme en exploits et en une intelligence dans le savoir faire de détourner la vigilance des vigils des autres tribus.
D- QUELQUES CAS TRES PARTICULIERS
Nous remarquons que mon essai est composé d’un seul paragraphe ce qui veut dire tout simplement que je ne fais qu’ouvrir un débat sur les choses de la mémoire collective dont chaque citoyen des oasis détient une portion du puzzle et qui pourrait en le ramassant dans l’ordre par les soins des sociologues et des historiens pourrait bien nous servir de référence pour nous ressourcer des fois qu’on serait en crise d’identité ou encore enclin à minimiser les valeurs morales dans lesquelles nous avons grandi au bénéfice de celle des villes dont la majorité n’ont point cette mémoire collective qui nous est presque propre.
Et voilà en vrac quelques données supplémentaires auxquelles on pourrait ajouter certainement des milliers (les parenthèses indiquent le lieu de logement ou d’enterrement).
1. La loi positive régissant la vie d’une oasis est à consulter sur la thèse de mémoire du Professeur LARBI MEZZINE intitulé le Tafilalet chapitre : les conventions de EL GHORFA.( Azrou-Rabat)
2. Le dernier Caïd de et pour Tadighoust fût feu Haj HRO HAJJAR.(El Borj)
3. Le dernier conservateur des terres de la Soulala fût Feu HAJ THAMI BEN MOHAMED (El borj)
4. Le plus connu des Amghar de l’oasis était Feu ADI OU HSAIN (Aourir)
5. Les deux derniers portiers du Ksar El borj étaient : OULHOU (Ksar es-Souk) et Sidi MOH connu sous le nom de Mohamed Ahyoud ( Aghbalou Serdane)
6. La dernière chienne collective était OUIZA AL Arj et le dernier Chien était KHBACH appelé aussi Black par les écoliers (ELborj)
7. Dernière jument : celle de Addi Maassou assassiné à El borj par Ba Driss suite à une loi de talion (Aourir).
8. Dernier Herboriste : Addi ou ABOU assassiné par son âne à tazrout (El borj).
9. Dernier meneur des juifs de l’achora :MOHA OU ARJI (Elborj)
10. Dernier guérisseur : OMAR OU MADANE OU ALI ( El Borj)
Il faut signaler aussi que cependant que les anciens labyrinthes du Ksar El Borj Akdim gardent toujours leur noms dont notamment (dans le sens de rotation de la droite vers la gauche : Laalou nait daz, nait maassou, n’cherfa, n’ait hdidou, n’lajamaa, ni ghouffariyene, n’Ait Thami, n’ait Berri, n’wammass,n’ait tilouine ( ou ait baaki)…Aucune ruelle à ciel ouvert de ces ruelles tracées à la règle d’un ingénieur colonial qui a conçu le plan d’EL Borj Oujdid ne porte aucun nom ni même un numéro de Rue. C’est dire qu’il y a là un recul dans la sédentarisation des habitants des kasba ou d’Igharmane.
CONCLUSION
N’ayant traité que le seul cas d’El Borj Akdim sur la base des informations cumulées par les traditions narratives et orales et par une modeste prospection auprès des personnes âgées dont la majorité nous a quitté en ce moment, je ne fais donc qu’ouvrir le débat sur ce sujet dont les brides me reviennent des fois avec une nostalgie d’une certaine acquitté à se demander si vraiment ce que l’on paie pour le soit disant luxe sédentaire des villes mérite d’être dépensé.
En tout cas, je vous demande de bien m’y réserver une place au cimetière du Ksar El Borj Akdim même si mes ancêtres sont en majorité enterrés au cimetière d’EL HARA .
Mohamed Ben Thami d'El Borj Akdim.